Trait de côte

La question de l’érosion est étudiée à une échelle planétaire puisque les territoires littoraux sont particulièrement attractifs et que la densité d’habitats ne cesse de croitre dans ces espaces.

Chaque année la mer gagne du terrain. Ce constat est sans équivoque. La côte royannaise figure parmi les plus mobiles de France. Sur le secteur de l’Embellie, l’océan a grignoté près de 150 m de rivage en 15 ans.

Evolution du trait de côte depuis 1950



Le phare de la Coubre a été construit en 1905 à 2 km de la mer et 1,5 km en retrait du phare précédent, qui s'écroula par l'effet de l'érosion marine. Il est également voué à disparaitre en raison de l'avancée de la mer.
Les anciens blockhaus du Mur de l'Atlantique, érigés par les forces d'occupation allemandes, sont des éléments fixes qui illustrent cette évolution rapide du trait de côte. (1950 - Collection D. Vozel).

Etude du suivi du trait de côte

Les paysages littoraux sur notre territoire sont marqués par l’érosion mais il est également possible d’observer des zones en accrétion (Pointe Espagnole sur La Tremblade). Toutes ces dynamiques sédimentaires sont étudiées par la CARA afin d’améliorer les connaissances et d’apporter des réponses aux problématiques de gestion du trait de côte. L’évolution du trait de côte résulte d’un phénomène naturel favorisé par des processus dynamiques (courants, dérive littorale,..) et influencé par des conditions géomorphologiques (orientation de la plage, bathymétrie,..) et météorologiques (tempêtes,..).

Les dynamiques sédimentaires ont pour conséquence :

  • la perte de granulat : secteur en érosion,
  • le gain de sable : secteur en accrétion ou zone en engraissement.

Selon le service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM), le trait de côte est une courbe/ligne représentant l’intersection de la terre et de la mer dans le cas d’une marée haute astronomique de coefficient 120 et dans des conditions météorologiques normales. De façon simplifiée, il correspond à une ligne qui sépare la mer de la terre constituant ainsi la limite entre le domaine marin et le domaine continental.

Accrétion : processus d'accumulation de sable sur la côte.
Bathymétrie : mesure de la profondeur et de la topographie du sol de la mer.

Les objectifs du suivi du trait de côte

Ces études de suivi du trait de côte n’ont pas vocation à dresser un bilan sédimentaire des volumes sableux érodés ou accumulés mais d’étudier les courbes d’évolution du trait de côte ainsi que les faits marquants.

Ainsi, les données récoltées permettent :

  • d’évaluer les mouvements du trait de côte de manière à pouvoir définir la limite entre le domaine maritime et continental (érosion ou engraissement)
  • de proposer une définition des processus de dynamiques sédimentaires en lien avec l’évolution du trait de côte
  • d’être force de proposition dans la définition de moyens de lutte adaptés à la gestion du trait de côte (en fonction des divers enjeux)
  • de montrer les dégâts occasionnés par les tempêtes
  • d’identifier les zones dangereuses (falaises dunaires et hauteurs).

Cette action permet également de témoigner, via des points géo-référencés, des modifications importantes du trait de côte (réensablement d’une plage, falaises dunaires, enrochements instables, falaises rocheuses arrachées ou fissurées, montée importante des laisses de haute de mer,..) ou de l’apparition de nouveaux éléments (blocs bétons apparents, décharge, épaves, munitions de guerre,...).

L’articulation avec le Plan Plage Territorial de la CARA

Cette action répond à des problématiques de gestion du trait de côte et s’inscrit dans la perspective de production et de centralisation des données sur le littoral impulsée par le Plan Plage Territorial (Action n°6.31 : Créer une mission littoral / fiche action n°62 : collecter et mutualiser des données relatives à la gestion du littoral).

Sites couverts et étudiés par la CARA

L’accent est mis sur les sites subissant de fortes modifications et particulièrement exposés à la houle. Aujourd’hui, la CARA réalise un suivi du trait de côte à partir des laisses de mer sur les communes de La Tremblade, de Les Mathes/La Palmyre et de Saint-Palais-sur-Mer (de la Pointe du Galon d’Or au Petit Poucet).

Trois ensembles sont étudiés

  • Du Galon d’Or au phare de la Coubre (commune de La Tremblade),
    14 km de linéaire sableux bordé par une forêt.
  • Baie de Bonne Anse (commune des Mathes / La Palmyre,
    11 km de flèche sableuse.
  • Grande Côte (communes des Mathes / La Palmyre et de Saint‑Palais‑sur‑Mer),
    4 km linéaire de plage.

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Galon d’Or - Embellie 1950-2010

Bonne Anse 1950-2010

Grande Côte 1950-2010

Un protocole méthodologique adapté au terrain et aux enjeux

1. Etude de la mobilité du trait de côte (printemps)

Le suivi du trait de côte s’effectue à l’aide de l’outil GPS. Un tracé rectiligne est réalisé à chaque printemps en prenant comme référence la laisse des plus hautes mers en l’absence de phénomènes météorologiques exceptionnels. De manière à pouvoir comparer les données actuelles du trait de côte avec les suivis de terrain réalisés dans les années 2000 par l’observatoire du littoral, il a été décidé de conserver le même protocole méthodologique. Les sorties terrain sont donc réalisées à basses mers sur des coefficients de marée supérieurs à 100 en suivant la laisse de haute mer. Les données produites dans le cadre de cette étude sont intégrées dans le SIG de la CARA. Elles sont étudiées et analysées de façon à établir les relations entre les vecteurs aéro et hydrodynamiques et la mobilité du trait de côte.

2. Etude de l’évolution du trait de côte en lien avec des évènements climatiques (période hivernale)

L’étude de la mobilité du trait de côte sera complétée par des études ponctuelles basées uniquement sur des évènements climatiques exceptionnels (exemple : tempête qui modifie radicalement et brutalement le paysage). L’objectif consiste à marquer par des points GPS des anomalies identifiées sur le terrain qui justifient une intervention ou qui méritent d’être relevées pour mémoire. Ces relevés réguliers permettent de rendre compte des dégâts occasionnés par des tempêtes. Une étude approfondie des falaises dunaires d’érosion peut également être réalisée (hauteurs des dunes en période hivernale).

Pour exemple, le 15 janvier 2014, après le passage d’une tempête sur la côte, l’accès plage au niveau du Vieux Phare était dangereux car la hauteur de la dune était de 8,5 m avec une pente très abrupte. Pour prévenir du danger, une signalétique a été apposée sur l’accès plage.


Côte défigurée après le passage d’une tempête (janvier 2014) - @ G.Perrochon

Pôle aménagement durable et mobilités
Chargé de mission Plan Plage Territorial

Contact : Gaël Perrochon
Tél. : 05 46 22 19 72

g.perrochon@agglo-royan.fr

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